L’aspect le plus caractéristique des alegrías est sans doute son rythme, qu’elles partagent avec la soleá. Elles sont chantées sur un ton plus élevé, un aspect assez commun de toutes les cantiñas, hormis certaines exceptions, où l’on peut retrouver des variantes telles que les caracoles ou les córdobas.

Pour ce qui est de leur structure, les alegrías permettent des couplets à quatre vers octosyllabes qui peuvent s’unir au juguetillo (rajout de paroles) de trois ou quatre vers. Elle se placent ainsi dans le sillage de la seguidilla classique formée d’un couplet et d’un refrain. Malgré cela, il n’existe pas de structure particulière, il s’agit généralement d’une suite de couplets et de juguetillo, qui termine par des paroles interprétées dans les aigus suivies d’un juguetillo final assez rythmé. Rodríguez Marín déclare que les alegrías sont « les chants espagnols les plus brefs ; elles n’ont que deux vers en rime, presque toujours de cinq syllabes pour le premier et de dix pour le deuxième, divisible en hémistiches égaux ».

Flamenco Female Dancer Dancing Alegrías

Un point intéressant sur les alegrías : sur celle qui est probablement la première de ce type à avoir été enregistrée, réalisée par Sebastián el Pena en 1909, accompagné à la guitare par Hijo del Ciego et à la danse par La Macarrona, le chant en lui-même est défini comme jaleo, ce qui prouve bien que les jaleos précèdent ce genre de cantiñas.

Un autre aspect important des alegrías est la tenue portée par les bailaoras, qui consiste en une longue robe jusqu’aux chevilles avec des volants et des décorations de rubans ou de dentelle. Les manches peuvent être longues ou courtes, bouffantes ou à volants. De plus, les bailaoras arborent, comme d’habitude, de très beaux foulards, décorés avec des broderies de fleurs et de longues franges. Les détails qui complètent leur tenue sont les fleurs, les peignes, les boucles d’oreilles en corail et les chaussures à talon.